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Le conflit, c'est la vie

  • 26 nov. 2024
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 janv. 2025



François et Luc Jenny © Camille Millerand / Divergence
François et Luc Jenny © Camille Millerand / Divergence

Je n’ai aucune expertise en habitat participatif, en tiers-lieu ou autre expérimentation « alternative ». Seulement des échos, ici et là, d’expérience compliquée, de retrait, de suffocation de l’autonomie, qui m’évoquent mes propres expériences en squat d’il y a plusieurs années (vivre dans un groupe en projet d’appropriation d’un espace et d’un semblant de vie collective). J’ai suivi ultérieurement une formation à la Thérapie Sociale qui apporte des outils pour accompagner la vie des groupes qui est une dimension complexe de tout projet collectif, et que je ramasse en une formule délibérément provocante : « Le conflit, c’est la vie ».


Provocante et paradoxale, puisqu’elle vise précisément à préserver le collectif de la désunion. Aucun projet de société, aucun projet d’individu ne tiendra la route sans un projet de groupe, une façon nouvelle de s’y comporter. C’est-à-dire de cultiver la confiance sans en rabattre sur l’hétérogénéité du groupe, rêver de parvenir à une unanimité qui lisserait les divergences et ferait taire les conflits : rester moi dans un collectif est l’unique condition d’une intégration fertile, le prérequis d’une coopération réussie.


Ce sont les peurs et la violence qu’il importe ici d’appréhender. Le collectif apporte une nouvelle tonalité à l’existence, mais il y a certaines complicités qui sont moins porteuses et demandent peut-être un peu plus de clarté et de conscience. Je soupçonne parfois les groupes d’une intention irénique : puisqu’on a l’intention de bien vivre ou travailler ensemble, cela va forcément bien se passer. Comment amener la réflexion sur les ratés de cette confiance dans un groupe qui souffre en « douceur » et qui donc n’a pas du tout envie de creuser de peur d’avoir plus mal ?


Ce que je propose, sont-ce des réponses clés en main ?


Aux accompagnants et encadrants de collectifs en mouvement, je ne propose pas de réponses clés en main pour le temps qui nous rassemblera et pourra initier une dynamique de mutualisation autour de ces questions complexes, afférentes à l’information circulante et à l’intelligence collective dont est capable un groupe. Une manière de s’orienter est de mieux comprendre les manifestations de la vie émotionnelle du groupe. Voir ce qui n’est pas perceptible, décodable, ou ce qui se donne sans préavis, pour atteindre à une complicité plus grande dans l’accompagnement. Une forme de maïeutique du groupe, où apprendre grâce au groupe et au processus à se battre et s’engager avec les autres. Quelque chose de très loin de la culture du consensus.


Voir la réalité, ensemble, demande en effet plus que de la bienveillance quand on a des « versions » de la réalité qui s’opposent. Au service de cet ensemble, qu’est-ce qu’un guide « suffisamment bon » ?

  • Comment fait-on pour requestionner chacun dans ses certitudes ?

  • Comment le fait-on sans violence ?

  • Comment distingue-t-on le conflit de la violence ?

 

Telles sont les questions que je nous propose d’aborder dans un temps d’échange et de sensibilisation que je veux expérientielle et impliquante. Pour le dire en bref avec Charles Rojzman, le fondateur de la Thérapie Sociale (ici), « nous évitons le conflit car nous tendons à le confondre avec la violence, et que nous avons peur de la violence. La violence est parfois nécessaire dans le combat mais elle lui nuit quand elle est l’expression d’un désordre ou d’une désunion. Ce qui est le cas aujourd’hui à moins, et c’est notre souhait, qu’elle puisse se transformer en conflits assumés. Il faudra donc mettre en place une éducation au conflit qui comprend la formation à un ensemble de compétences, telles que l’exercice de l’autorité et la relation positive à l’autorité, la confiance en soi, le rapport à l’altérité, la connaissance et la maîtrise de la vie émotionnelle… »


Pour en savoir plus :



 
 
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